
Avec Ne cherche pas le chaos, Marion Brunet nous emmène sur les traces d’un père et de sa fille, entre la France et le Chili. Paru le 19 août 2026 aux éditions Albin Michel, ce roman intime et politique parle d’exil, de secrets de famille, de transmission et surtout d’une relation père-fille profondément pudique.
Un père, une fille et beaucoup de silences
Pablo vit en France depuis plus de trente ans. Exilé chilien, il a fui son pays sous la dictature de Pinochet, emportant avec lui un passé douloureux dont il n’a jamais véritablement parlé.
Aujourd’hui, Pablo mène une vie simple et tente de protéger sa fille Victoria de ce passé. Mais les silences finissent parfois par devenir trop lourds. Victoria, devenue jeune femme, ressent le besoin de comprendre ce que son père lui cache et de retrouver une partie de ses racines.
Elle décide alors de partir seule au Chili.
Pour Pablo, ce voyage est difficile à accepter. Le Chili est le pays qu’il a fui, celui auquel sont liés ses souvenirs les plus douloureux. Lorsque Victoria cesse de donner des nouvelles, son inquiétude devient insupportable. Il n’a plus le choix : il doit retourner sur cette terre qu’il avait tenté de laisser derrière lui pour retrouver sa fille.
Une relation père-fille au cœur du roman
Ce qui touche particulièrement dans Ne cherche pas le chaos, c’est la relation entre Pablo et Victoria. Marion Brunet raconte un amour père-fille qui ne passe pas forcément par les grandes déclarations.
Il y a beaucoup de pudeur entre eux, mais aussi de la tendresse, de la joie et de la peine. Pablo est un père qui a voulu protéger sa fille en gardant le silence. Victoria, elle, a besoin de comprendre pour pouvoir avancer.
Le roman interroge ainsi une question difficile : peut-on vraiment protéger ceux que l’on aime en leur cachant une partie de notre histoire ?
Retourner là où tout a commencé
À travers le voyage de Victoria puis celui de Pablo, le Chili devient bien plus qu’un décor. C’est une terre de mémoire, de blessures et de racines.
Le retour de Pablo l’oblige à affronter ce qu’il avait tenté d’enfouir depuis des décennies. Son passé revient dans sa vie, mais cette fois, il ne peut plus simplement se taire.
C’est aussi ce qui donne au roman sa dimension politique. Derrière l’histoire intime de cette famille se dessine celle d’un pays marqué par la dictature, l’exil et les traumatismes qui continuent de se transmettre, parfois même lorsque les générations suivantes n’en connaissent pas tous les détails.
Une écriture lumineuse malgré les blessures
Malgré les thèmes difficiles qu’il aborde, Ne cherche pas le chaos n’est pas un roman uniquement sombre. Marion Brunet propose une écriture que j’ai trouvée lumineuse, capable de faire cohabiter la joie et la peine.
La grande force du livre réside aussi dans sa pudeur. Les sentiments ne sont pas surjoués : ils apparaissent dans les silences, les gestes, les inquiétudes et tout ce qui se joue entre un père et sa fille.
C’est un beau roman sur les liens familiaux, sur ce que l’on transmet volontairement ou malgré soi, mais aussi sur la nécessité de regarder son passé pour pouvoir comprendre son présent.
Avec Ne cherche pas le chaos, Marion Brunet signe ainsi un récit touchant sur un père et sa fille, sur l’exil et le retour aux racines. Un livre qui rappelle que, même lorsque l’on cherche à fuir son passé, celui-ci finit parfois par revenir frapper à la porte.








